Un américain avec un coeur (et une langue pas dans sa poche)
On dira ce qu'on voudra un cinéaste qui parcourt en long, en large et en travers les systèmes d'assurances maladies de 5 pays différents ne peut pas être froncièrement stupide, mauvais ou encore borné. Il en a fallu des kilomètres pour arriver à Sicko mais aussi du temps pour monter ce reportage, projet de longue haleine qui trainait dans la tête du Moore depuis 1999. Le projet a été mis en attente suite aux évènement consécutifs de Colombine et d'Irak qui ont donné Bowling for Colombine et Fahrenheit 9/11. Après une Palme d'Or et un Oscar, c'était un défi de faire de ce nouveau long métrage un succès. Mais je pense que le plus important pour Michael Moore était là de trouver le ton et la manière la plus appropriée de parler aux américains. C'est avec ses tripes, son coeur et sa caméra qu'il veut faire bouger son pays. Et après avoir vu le film, je pense qu'on peut dire qu'il y est arrivé. De l'humour (noir), du cynisme, du drame, de l'émotion... Du grand Michael Moore.
Ok c'est un brin exagéré et ça ne montre qu'une partie de la vérité. Mais ce n'est pas du faux ou du préfabriqué, le cinéaste à récolté plus de 25 000 e-mails en l'espace d'une semaine suite à un appel à témoignage sur son site. Ça reste un reportage, pas de la télé-réalité. Bien sûr c'est orienté, bien sûr tout est fait pour vous faire changer d'opinion, mais bien sûr aussi il y a des raisons. Enfin vous l'aurez compris, je vous le recommande, il FAUT le voir !
Pas étonnant qu'une standing ovation d'une quinzaine de minutes eu lieu suite à la projection du film à Cannes, hier encore dans mon petit cinéma de Province la salle n'a pas pu s'empêcher d'applaudir. J'ai pleuré, j'ai ris, j'ai réfléchi, j'aime ces films qui ont du tempérament et savent vous mettre dans tous vos états.
Un autre avis
Le site officiel du film
Epouser un canadien (si vous allez voir Sicko, restez jusqu'à la fin du générique)
+ un extrait du très bon article du Nouvel Obs "Détesté par les républicains, haï par les bien-pensants, voué aux
gémonies par des témoins qui ont constaté son comportement dictatorial,
il a été insulté publiquement par le président des Etats-Unis (« butterball»,
gros plein de soupe). Cible de sites anti-Moore qu'il se fait un
plaisir de financer (c'est dans le film), il représente le
politiquement incorrect. «Il y a
dix-huit ans, dans «Roger & Me», je me suis attaqué à General Motors. On m'a
traité de dingue. Aujourd'hui, General Motors est au bord de la faillite. Je me
suis attaqué au lobby des armes à feu avec «Bowling for Columbine», et on m'a
traîné dans la boue. J'ai dénoncé les liens de Bush avec la famille Ben Laden,
et on m'a transformé en affreux délateur. Mais j'avais raison sur tous les
points. Ca me suffit.»"
Prochainement j'irais voir et je vous parlerais des méduses.
Comments
Un peu de demago quand meme, mais quand on traite de tels sujets, c'est presque inevitable, voir necessaire pour le public.
Du top. On adhere on adhere pas ca reste du grand MM.
Michale Moore est pris à son propre piège, il devient sa propre caricature, obligé de dénoncé pour faire de l'audience, vendant son âme au box office, loin des enquêtes plus argumentées de ses débuts.
Un bon sujet, à finir par un vrai journaliste.